Ce n’est pas au lecteur francophone qu’il est besoin de présenter Brassens.

Ce n’est pas le but de ce site non plus de lui faire mieux connaître son œuvre ou sa vie. Il existe de nombreux sites qui s’acquittent de cette tâche à merveille. Alors, parlons de moi.

Je vis au Canada. Non pas au Québec, mais en terre anglophone, comme l’est la vaste majorité du pays. Qui plus est, je vis au Yukon qui est plus loin de Montréal que ne l’est Paris. Si j’avais voulu vivre en français j’aurais certes pu le faire au Québec. J’aurais aussi pu le faire en France et y être resté. J’ai choisi le Nord et l’Ouest pour de plus vastes raisons et l’anglais est devenu ma langue d’adoption. Le Canada est à ma connaissance le seul pays bilingue français/anglais, si bien que non seulement je n’ai pas perdu mon latin mais j’en ai gagné un autre. Le patrimoine de Brassens, je le chéris et le trimbale avec moi depuis l’adolescencee. Si cela fait toujours plaisir de le ressortir en privé et en compagnie d’amateurs francophones, je voulais enfin le partager avec ceux et celles pour qui le français est un mystère. Au lieu de leur expliquer, une meilleure introduction était de le présenter dans leur langue.

Ce n’est pas moi qui disputerai que Brassens était maître du français. Je ne nierai pas non plus qu’il était aussi français qu’on ne puisse l’être. Ceci dit, j’ai découvert au fil de la traduction que la majorité de ses chansons vont au-delà de toute frontière, que ses petits airs frondeurs vont au-delà du temps, que ses tournures de mots tournent dans d’autres langues. Brassens était avant tout un parolier et mélodiste hors pair, hors langue. Il avait choisi la chanson comme son expression populaire. Je lui rend humblement à mon tour la langue universelle de la musique populaire, sur un nouveau continent. Et j’y prends, je l’avoue, grand et malin plaisir.

Je n’ai pas réussi à écrire. Mes chansons ne sont pas des poèmes. Je ne suis pas un chanteur non plus… Ce que je suis? Un chansonnier… oui, un chansonnier. Je ne suis pas un poète…” G. Brassens
Il y a quelques années, au cours d’une soirée littéraire, on m’a demandé quel était le plus grand poète actuel en France. J’ai répondu sans hésiter : Georges Brassens.” Gabriel Garcia Marquez Prix Nobel de Littérature, 1981
C’est un péché mortel de ne pas écouter Brassens.” Jacques Brel