Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

September 12

September 12

On a September 12, God only knows where you left And ever since each year on that date I stood bereft Mopping up with a sob your memory, madam But here we are again and all my tears have run dry I simply cannot cry, no matter how hard I try Today, September 12, I don’t give a damn.

No more will the season of the dry and fallin’ leaf Provide the theatre for inconsolable grief As I contemplate love and summer on the lam The melancholy strings of Diamond’s September morn Are no longer for me an invitation to mourn Today, September 12, I don’t give a damn.

In a yearly effort to find you and loving peace I would attempt to join a flock of migrating geese And fall flat on my face on the hard macadam I have given up on that lofty inclination Flying for me now means commercial aviation Today, September 12, I don’t give a damn.

Unabashedly I used to spend countless hours Watering a bouquet of desiccated flowers With a torrent of tears that poured over the dam Nevermore will I try to revive a wilted bloom Its petals can fall on some special nobody’s tomb Today, September 12, I don’t give a damn.

There was indeed a time when ruefully I would pine For you on my pillow where I lay prone and supine As I recollected some amorous bedlam Now I look in my heart for any trace of sorrow But all I see is a free and clear autumn morrow Today, September 12, I do not give a damn And how sad not to be sad without you, madam.

© Didier Delahaye, 2003

Le vingt deux septembre

Un vingt et deux septembre au diable vous partîtes Et, depuis, chaque année, à la date susdite Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre Plus une seule larme à me mettre aux paupières Le vingt et deux septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

On ne reverra plus, au temps des feuilles mortes Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous… Que le brave Prévert et ses escargots veuillent Bien se passer de moi et pour enterrer les feuilles Le vingt-e-deux septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d´ailes Je montais jusqu´au ciel pour suivre l´hirondelle Et me rompais les os en souvenir de vous… Le complexe d´Icare à présent m´abandonne, L´hirondelle en partant ne fera plus l´automne Le vingt et deux septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Pieusement nous d´un bout de vos dentelles, J´avais, sur ma fenêtre, un bouquet d´immortelles Que j´arrosais de pleurs en souvenir de vous Je m´en vais les offrir au premier mort qui passe Les regrets éternels à présent me dépassent Le vingt et deux septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Désormais, le petit bout de cœur qui me reste Ne traversera plus l´équinoxe funeste En battant la breloque en souvenir de vous Il a craché sa flamme et ses cendres s´éteignent A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes Le vingt et deux septembre, aujourd´hui, je m´en fous Et c´est triste de n´être plus triste sans vous.

Georges Brassens, 1964 © Éditions Musicales 57

Original album (25cm LP)

[column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″] Georges Brassens, n°10
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SIDE 1
Les copains d’abord
Les quat’z’arts
Le petit joueur de flûteau
La tondue
Le 22 septembre
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SIDE 2
Les deux oncles
Venus callipyge
Le mouton de Panurge
La route aux quatre chansons
Saturne
Le Grand Pan
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