Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

Pardon my French

Pardon my French

If you are so inclined tell me about the state of government Though between you and I it’s hardly a topic of merriment Let’s plumb anyway the depths of the civil morass… but “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

The pox on troubadours who sing out to Eros almighty The blithering Romeos who suck up to Aphrodite The silly heartthrobs who get hooked like a common bass “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

There was a time indeed when I was practicing non-violence Anger management was for me both an art and a science It all went to pot, my sweetheart was a wretched lass “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

Little orphan Annie cast aside by mother and father Wearing a riding hood one day she went to see grandmother Supposedly to take her cookies and Häägen Dazs “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

I waited all evening, I awaited till early morning I waited a whole year, I pretty damn well am still waiting An alluring wolf will have made a successful pass “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

That two-timing Cupid under his smile was far from benign As is often the case he had dipped his arrow in strychnine The love potion had all of a witches’ brew, alas “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

Loves me not, loves me not, the petals were loaded as I plucked Little daisy had under the hood of its corolla tucked A deadly black widow, a real snake in the grass “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

May the seventh heaven blow its cloud nine where it can’t be found When my number is called and I end up six feet underground This final lament will seep out like a noxious gas “Parlez-moi d’amour” and I’ll land my foot on your ass If you’ll of course, pardon my French.

© Didier Delahaye, 2003

Sauf le respect que je vous dois

Si vous y tenez tant parlez-moi des affaires publiques Encor que ce sujet me rende un peu mélancolique Parlez-m’en toujours je n’ vous en tiendrai pas rigueur Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Fi des chantres bêlant qui taquine la muse érotique Des poètes galants qui lèchent le cul d’Aphrodite Des auteurs courtois qui vont en se frappant le cœur Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Naguère mes idées reposaient sur la non-violence Mon agressivité je l’avais réduite au silence Mais tout tourne court ma compagne était une gueuse Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Ancienne enfant trouvée n’ayant connu père ni mère Coiffée d’un chap’ron rouge ell’ s’en fut ironie amère Porter soi-disant une galette à son aïeule Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Je l’attendis un soir je l’attendis jusqu’à l’aurore Je l’attendis un an pour peu je l’attendrais encore Un loup de rencontré aura séduite cette gueuse Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois

Cupidon ce salaud reste chez lui qui n´est pas rare Avais trempé sa flèche un petit peu dans le curare Le philtre magique avait tout du bouillon d´onze heures Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Ainsi qu’il est fréquent sous la blancheur de ses pétales La marguerite cachait une tarentule, un crotale Une vraie vipère à la fois lubrique et visqueuse Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Que le septième ciel sur ma pauvre tête retombe Lorsque le désespoir m’aura mis au bord de la tombe Cet ultime discours s’exhalera de mon linceul Parlez-moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule Sauf le respect que je vous dois.

Georges Brassens, 1972 © Éditions Musicales 57

Original album (30cm LP)

[column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″] Georges Brassens, n°13
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SIDE 1
Fernande
Stances à un cambrioleur
La ballade des gens qui sont nés quelque part
La princesse et le croque-notes
Sauf le respect que je vous dois
Le blason
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SIDE 2
Mourir pour des idées
Quatre-vingt-quinze pour cent
Les passantes
Le Roi
À l’ombre des maris
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