Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

One bad egg


One bad egg

It had been an eternity Since I’d lost my humanity Burrowed in squalor like a lout I had let my fire go out Their eyes on me, silent buzzards Were salivating their gizzards Death hung over me like a curse When things took a turn for the worse.

Meaning to regild my bad ass I went looking for King Midas I left him on a street corner For a date with the coroner Needless to say, this caused a buzz Among the law enforcing fuzz They nabbed me and sent me packing For eternity in Sing Sing.

Jane or John, Margaret or Bob Everyone rallied like a mob To shout out in condemnation That death was my sole salvation Not one of the good Christians flinched At the notion that I be lynched After hanging me at their farm They’d keep my rope as lucky charm.

At the end of a century I was prematurely set free Longing for the places I knew I walked down the old avenue Conspicuous, hanging my head Guilty of not quite being dead Expecting gents prim and proper To avoid me like a leper.

Somebody said to me “Hello It’s good to see you, old fellow!” Not only that but someone else Asked about the state of my health I saw that there remained, it seemed More kind folks than I’d ever dreamed And I poured down in a manhole All the tears of my bursting soul.

© Didier Delahaye, 2004

Celui qui a mal tourné

Il y avait des temps et des temps Qu’je n’m’étais pas servi d’mes dents Qu’je n’ mettais pas d’vin dans mon eau Ni de charbon dans mon fourneau. Tous les croque-morts, silencieux Me dévoraient déjà des yeux Ma dernière heure allait sonner C’est alors que j’ai mal tourné.

N’y allant pas par quatre chemins J’estourbis en un tournemain En un coup de bûche excessif Un noctambule en or massif. Les chats fourrés, quand ils l’ont su M’ont posé la patte dessus Pour m’envoyer à la Santé Me refaire une honnêteté.

Machin, Chose, Un tel, Une telle, Tous ceux du commun des mortels Furent d’avis que j’aurais dû En bonn’ justice être pendu A la lanterne et sur-le-champ Y s’voyaient déjà partageant Ma corde, en tout bien tout honneur En guise de porte-bonheur.

Au bout d’un siècle, on m’a jeté A la porte de la Santé Comme je suis sentimental Je retourne au quartier natal Baissant le nez, rasant les murs Mal à l’aise sur mes fémurs M’attendant à voir les humains Se détourner de mon chemin.

Y’ en a un qui m’a dit: ” Salut! Te revoir, on n’y comptait plus… ” Y’ en a un qui m’a demandé Des nouvelles de ma santé. Lors, j’ai vu qu’il restait encor’ Du monde et du beau mond’ sur terre Et j’ai pleuré, le cul par terre Toutes les larmes de mon corps.

Georges Brassens, 1957 © Éditions Musicales 57

Original album (25cm LP)

[column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″] Georges Brassens, n°5
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SIDE 1
Oncle Archibald
L’amandier
La marche nuptiale
Au bois d’mon coeur

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SIDE 2
Celui qui a mal tourné
Grand-Père
Les lilas
Les Philistins
Le vin

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