Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

La guerre de 14-18 redite

(WWI retold)

Depuis que l’homme écrit l’Histoire Depuis qu’il bataille à cœur joie Entre mille et une guerr’ notoires Si j’étais t’nu de faire un choix Comme un vieux tonton qui m’est cher Je déclarerais tout de suite: “Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit! Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit!”

Tout comme lui je ne méprise Les nobles guerres de jadis Et je m’ soucie comm’ d’un’ cerise De celle de soixante-dix Les guerr’s d’antan ont tout pour plaire Depuis d’autres ont pris leur suite Mais, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Mais, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit.

Je sais que les plus grands despotes Donnèrent à manger aux corbeaux Qu’ Adolphe, Joseph et leurs potes Fir’nt à la Camarde un cadeau Ils savaient passer peuple au fer On n’ les oubliera pas tout d’ suite Mais, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Mais, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit.

On est en droit de rechigner Devant nos guerres en Asie Marianne a mal indochiné Et d’ailleurs l’oncle Sam aussi Ell’s ont perdu leur goût amer Nos carott’s au Vietnam sont cuites Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit!

Je n’ voudrais pas faire fine bouche Devant les guerres du désert J’applaudirais les tontons Bush Quand ils jouent au beau légionnaire Mais en dépit de leurs grands airs Les freedom fries restent des frites Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit!

L’éternel chemin de Damas Est pavé des pir’s intentions Ont fait les disciples d’Hamas Peau d’ vach’ de la fill’ de Sion Les levantins lèvent un verre À de kamikaze acolytes Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit.

Il va sans dire que l’Afrique Est terre pleine de promesses Ses génocidair’s coups de trique S’abatt’nt sur des millions de fesses Mais malgré d’innombrables guerres Le SIDA tue encor’ plus vite Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Moi, mon colon, cell’ que j’préfère C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit!

La ball’ se pass’ de père en fils Ils ont fière allure nos moutons Mais le plus grand feu d’artifice Viendra d’une guerre de boutons En attendant la nucléaire Je dis que ma guerr’ favorite Cell’, mon colon, que j’voudrais faire C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit Cell’, mon colon, que j’voudrais faire C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit.

© Didier Delahaye, 2008