Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

Joan of heart

Joan of heart

Joan of heart, sweet Joan of heart Her door’s always open to wayfaring stranger’ You can lay your troubles away in her manger May good Christians not take offense She’ll take you in as a roomer With no need to bring incense or myrrh.

At Joan’s of heart, sweet Joan of heart No matter who you are, no matter when it is As if by miracle, with the greatest of ease You become a part of her family Inside her heart, inside her womb There’s always for others a little room.

Joan of heart, sweet Joan of heart She is poor with little to throw into her pot But whatever she serves sates the hungriest lot From the way that she offers it Her bread is cake, her water wine And her tin platter gold, genuine.

Joan of heart, sweet Joan of heart You pay her when you can a price better than fair A kiss on her forehead or the white of her hair A little lick from your guitar The whereabouts of a stray cur Of a mangy cat, for good measure.

Joan of heart, sweet Joan of heart Amid cabbage and rose never found an infant To cherish and against all odds and ills defend To hold on her lap and bosom To suckle sweetly at her breast Any lesser than her would be distressed.

But Joan of heart, sweet Joan of heart Does not in the slightest give a darn or a hoot To be the Ma of one or more, the point is moot When she is a universal mother When all the children of the earth Of the sea, of the air, of the sky are hers.

© Didier Delahaye, 2004

Jeanne

Chez Jeanne, la Jeanne Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu On pourrait l’appeler l’auberge du Bon Dieu S’il n’en existait déjà une La dernière où l’on peut entrer Sans frapper, sans montrer patte blanche.

Chez Jeanne, la Jeanne On est n’importe qui, on vient n’importe quand Et, comme par miracle, par enchantement On fait partie de la famille Dans son cœur, en s’ poussant un peu Reste encore une petite place.

La Jeanne, la Jeanne Elle est pauvre et sa table est souvent mal servie Mais le peu qu’on y trouve assouvit pour la vie Par la façon qu’elle le donne Son pain ressemble à du gâteau Et son eau à du vin comm’ deux gouttes d’eau.

La Jeanne, la Jeanne On la pai’ quand on peut des prix mirobolants Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs Un semblant d’accord de guitare L’adresse d’un chat échaudé Ou d’un chien tout crotté comm’ pourboire.

La Jeanne, la Jeanne Dans ses rose’ et ses choux n’a pas trouvé d’enfant Qu’on aime et qu’on défend contre les quatre vents Et qu’on accroche à son corsage Et qu’on arrose avec son lait D’autres qu’elle en seraient tout’ chagrines.

Mais Jeanne, la Jeanne Ne s’en soucie pas plus que de colin-tampon Être mère de trois poulpiquets, à quoi bon Quand elle est mère universelle Quand tous les enfants de la terre De la mer et du ciel sont à elle.

Georges Brassens, 1962 © Éditions Musicales 57

Original album (25cm LP)

[column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″] Georges Brassens, n°9
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SIDE 1
Les trompettes de la renommée
Jeanne
Je rejoindrai ma belle
Marquise

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SIDE 2
Les amours d’antan
La marguerite
L’assassinat
Si le Bon Dieu l’avait voulu
La guerre de 14-18
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