C’est tout de bois vêtu que Brassens m’est apparu.

Alors que j’étais jeune garçon, nous avions dans le salon familial un de ces coffres en bois qui jadis faisaient la malle. Le nôtre faisait diligence de coffre à disques, lesquels en ce temps faisaient 33 petits tours. C’était une collection ennuyeusement classique mais avec quelques exceptions notoires.

Une série de disques se cachait dans des pochettes en faux bois, comme s’ils avaient trouvé le camouflage idéal pour dormir tranquillement dans leur boîte à musique. Le seul signe particulier d’une pochette à l’autre était la petite photo d’un type à la gueule sympathique, qui arborait une grosse moustache et parfois une pipe, dont j’avais moi-même en bon garnement récemment fait la découverte. De grosses lettres affichaient les titres prometteurs d’histoires à rêver debout.

Alors je me mis à l’écoute systématique et j’y découvris un univers en vers qui me fit tour à tour rigoler et consulter le dictionnaire. Ce moustachu était un sacré bonhomme. Petit à petit, j’ai tout, tout su de lui. Puis un beau jour je n’ai plus contenu mon envie de le chanter et de le partager avec autrui.

Mes pipes à moi se sont depuis maintes fois calotées et ma barbe a poussé puis engrisonné. Les chansons de tonton Georges quant à elles n’ont toujours pas pris une ride. Le moment est venu de les partager avec mes amis anglophones avant que le temps n’en fasse à l’affaire.

Hier soir à Paris, j’ai fait connaissance d’un noir américain, chanteur de Jazz qui n’avait jamais entendu parler de Brassens. Grâce à ton site et à tes reprises en anglais, il a pu se faire une bonne idée de qui est Brassens. Merci et bonne continuation. Hervé, du groupe Les Bras’Coeurs