Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

Blues for Martha

Blues for Martha

Outlined against the purest blue The farmhouse looked fake through and through And the thatch posing as a roof Synthetic, if you needed proof Fiberglass fieldstone paved the way Of a fake country alleyway That elegantly curved around A vinyl coated man-made pond.

The pretend lady of the house In a designer country blouse That looked both phony and charming Came to me, perfectly smiling And my bouquet of Queen Anne’s lace Of a sudden seemed out of place Amid the vividest colours Of silk artificial flowers.

With a coy calculated glance She bade me in past the entrance And put my flowers in a vase Atop a fake gas fireplace In a room of bogus antiques Conscripted from uptown boutiques Replete with showroom furniture Book-of-the-month literature.

Orlon™ Persian rug on the floor Art on the wall, fake to the core On ear and neck a real taste Of plastic pearl and diamond paste Pseudo beauty spot on the cheek False nails on both the hands and feet Dissimulated false hope chest Real silicone in her breast.

By electrical candlelight She posed in an alluring sight And with a bat of fake eyelash Slyly confided feeling rash Manipulating confession Honest to badness admission From a spurious angel fallen Off a phony seventh heaven.

The only hint of honesty In this bucolic travesty The fresh as a first baby tooth That cut clearly close to the truth Was the seraphic note that rang In my heart, the bittersweet pang When lovingly she descended To a candor unintended.

But in this case Aphrodite Merely turned out mean and catty And Cupid proved to be no less Of a cad, but nevertheless The truth is I would be lying If I were to be denying That a right moment of deceit Swept me verily off my feet.

© Didier Delahaye, 2004

Histoire de faussaire

Se découpant sur champ d´azur La ferme était fausse bien sûr Et le chaume servant de toit Synthétique comme il se doit Au bout d´une allée de faux buis On apercevait un faux puits Du fond duquel la vérité N´avait jamais dû remonter.

Et la maîtresse de céans Dans un habit, ma foi, seyant De fermière de comédie A ma rencontre descendit Et mon petit bouquet, soudain Parut terne dans ce jardin Près des massifs de fausses fleurs Offrant les plus vives couleurs.

Ayant foulé le faux gazon, Je la suivis dans la maison Où brillait sans se consumer Un genre de feu sans fumée Face au faux buffet Henri deux, Alignés sur les rayons de La bibliothèque en faux bois, Faux bouquins achetés au poids.

Faux Aubusson, fausses armures, Faux tableaux de maîtres au mur Fausses perles et faux bijoux Faux grains de beauté sur les joues Faux ongles au bout des menottes Piano jouant des fausses notes Avec des touches ne devant Pas leur ivoire aux éléphants.

Aux lueurs des fausses chandelles Enlevant ses fausses dentelles, Elle a dit, mais ce n´était pas Sûr, tu es mon premier faux pas Fausse vierge, fausse pudeur Fausse fièvre, simulateurs Ces anges artificiels Venus d´un faux septième ciel.

La seule chose un peu sincère Dans cette histoire de faussaire Et contre laquelle il ne faut Peut-être pas s´inscrire en faux C´est mon penchant pour elle et mon Gros point du côté du poumon Quand amoureuse elle tomba D´un vrai marquis de Carabas.

En l´occurrence Cupidon Se conduisit en faux-jeton En véritable faux témoin Et Vénus aussi, néanmoins Ce serait sans doute mentir Par omission de ne pas dire Que je leur dois quand même une heure Authentique de vrai bonheur.

Georges Brassens, 1976 © Éditions Musicales 57

Original album (30cm LP)

[column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″] Georges Brassens, n°14
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SIDE 1
Trompe la mort
Les ricochets
Tempête dans un bénitier
Le boulevard du temps qui passe
Le modeste
Don Juan
Les casseuses
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SIDE 2
Cupidon s’en fout
Montélimar
Histoire de faussaire
La messe au pendu
Lèche-cocu
Les patriotes
Mélanie
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