| Introduction Cest
tout de bois vêtu que Brassens mest apparu. Alors que jétais
jeune garçon, nous avions dans le salon familial un de ces coffres en bois
qui jadis faisaient la malle. Le nôtre faisait diligence de coffre à
disques, lesquels en ce temps faisaient 33 petits tours. Cétait une
collection ennuyeusement classique mais avec quelques exceptions notoires. Une
série de disques se cachait dans des pochettes en faux bois, comme sils
avaient trouvé le camouflage idéal pour dormir tranquillement dans
leur boîte à musique. Le seul signe particulier dune pochette
à lautre était la petite photo dun type à la
gueule sympathique, qui arborait une grosse moustache et parfois une pipe, dont
javais moi-même en bon garnement récemment fait la découverte.
De grosses lettres affichaient les titres prometteurs dhistoires à
rêver debout.
Alors je me mis à lécoute
systématique et jy découvris un univers en vers qui me fit
tour à tour rigoler et consulter le dictionnaire. Ce moustachu était
un sacré bonhomme. Petit à petit, jai tout, tout su de lui.
Puis un beau jour je nai plus contenu mon envie de le chanter et de le partager
avec autrui. Mes pipes à moi se sont depuis
maintes fois calotées et ma barbe a poussé puis engrisonné.
Les chansons de tonton Georges quant à elles nont toujours pas pris
une ride. Le moment est venu de les partager avec mes amis anglophones avant que
le temps nen fasse à l'affaire. 
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Stances à un auteur-compositeur
Prince des mots en vers et de la gaudriole
Toi dont j'ai visité la tombe et la maison Cependant qu'au-delà
tu fais des cabrioles En ton nom en anglais je refais tes chansons. Sache
que j'apprécie à leur valeur du reste Les mots que tu égrèn's
dans un français comptant La langue de Molièr' te sied comme
une veste Mais elle n'en est qu'une, faut vivre avec son temps. Car,
sais-tu, de nos jours il est fort nécessaire De battre dédaigneux
l'exécrable ignorance Qui arros' la Bastillle à chaque anniversaire
Ell' ne pisse pas loin, notre charmante France. Autre
signe de bourgeon éclos sur le tard Si dès mes dix-huit ans
j'ai mis ailleurs le cap Tes chansons languissaient dans mes cur et
guitare Je les ressors enfin pour ma dernière étape. Pour
toutes ces raisons, vois-tu, je te fredonne Dans la langu' de mon Nord, de
l'Europ' de demain Ce que tu m'as offert, à d'autres je le donne
Ça aurait pu tomber dans de bien pires mains. D'ailleurs,
moi qui me gratte avec tes chansonnettes Si je devais un jour rencontrer le
succès Je n'en finirais pas de tirer ta sonnette Je deviendrais
un peu ton complice, qui sait ? En
chantant ton butin, foin de tout marchandage Je ne vais nullement fair' la
cour aux antennes Y a pas trop de danger que j' te mette à la page
La mode et moi c'est trois, je me fous des Top Ten. Foi
de ce que tu dis avecques tant de charme Au plus profond de moi résonne
d'un soupir Dans le parler barbar' je raffûte ton arme Et je bats
la campagne au nom de ton empire. Mots-en-vers,
mon ami, que ton bien me profite Que ta muse m'accorde une honnête pension
Sans remords, toi et moi jamais ne serons quittes Je te devrai toujours cent-dix-neuf(e)
chansons. Post-scriptum, si Mariann'
est cell' que tu préfères Sache qu'on apprécie ici le
calendo' Alors aux Amériques, chante avec moi tes vers Tandis que
l'hexagon' se tape des MacDo'. |