Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

The Gorilla


From the album: BrassensREDUX

The Gorilla

On the fairgrounds of Orilla Schoolgirls under science pretense Ogled a mighty gorilla Behind the safety of a fence The pride of the academy Was lost in the contemplation Of a part of anatomy That it’s not proper to mention. Go, go, gorilla!

Of a sudden the enclosure That made the beast an exhibit Swung open, I will conjecture That someone forgot to lock it The big ape sprung out in a bound Its simian expression vergin’ On manic as forth it was bound To no longer be a virgin. Go, go, gorilla!

The zookeeper, his mouth agape Blurted out by the open gate “Holy cow! This horny primate Has never met a lady ape!” As soon as the maidenfolk un- derstood the gorilla’s mission Instead of hitting a home run They hit the road in unison. Go, go, gorilla!

Those same girls who moments ago Lusted after a virile taste Were now tossing their libido Onto the back burner posthaste How unfortunate that they should Reverse position, as it were For in bed a gorilla could Be quite a catch, their moms will swear. Go, go, gorilla!

From then on all are on the run Out of reach of the big primate Save a nonagenarian nun And a dressed-to-kill magistrate Seeing that everyone had fled The randy beast on all hands sped Towards the ones who would not budge Namely, the abbess and the judge. Go, go, gorilla!

“Ah!” said she with ancient wisdom “That I should now stir up desire Could be a gift from kingdom come Please awaken a dormant fire!” Knowing himself to be so wise The judge said “Surely I cannot As a female monkey be thought!” He would be proven otherwise. Go, go, gorilla!

Now, like the gorilla pretend That for some reason you must probe Under a habit or a robe Which one will satisfy your end? Speaking for myself, should the choice In such terms before me be laid I can say with an assured voice That the sister will be my maid. Go, go, gorilla!

If the gorilla, we surmise In love play is a contender It will never win any prize For good taste or pleasant manner Thus instead of picking the nun Like would have done a good Christian With a manly squeeze on the bun It grabbed the surprised patrician. Go, go, gorilla!

The rest of this little ditty Would be worth a chuckle or two Though it doesn’t seem proper to Tell it all, it is so naughty But at some point, I will just say The judge was having a good cry Like the poor Joe whom on that day He had sent down the line to die. Go, go, gorilla! (x4) Gorilla came.

© Didier Delahaye, 2002

Le gorille

C´est à travers de larges grilles Que les femelles du canton Contemplaient un puissant gorille Sans souci du qu´en-dira-t-on Avec impudeur, ces commères Lorgnaient même un endroit précis Que, rigoureusement ma mère M´a défendu de nommer ici. Gare au gorille !

Tout à coup la prison bien close Où vivait le bel animal S´ouvre, on n´sait pourquoi, je suppose Qu´on avait du la fermer mal Le singe, en sortant de sa cage Dit “C´est aujourd´hui que j´le perds !” Il parlait de son pucelage Vous aviez deviné, j´espère ! Gare au gorille !

L´patron de la ménagerie Criait, éperdu : “Nom de nom ! C´est assommant car le gorille N´a jamais connu de guenon !” Dès que la féminine engeance Sut que le singe était puceau Au lieu de profiter de la chance Elle fit feu des deux fuseaux ! Gare au gorille !

Celles là même qui, naguère Le couvaient d´un œil décidé Fuirent, prouvant qu´elles n´avaient guère De la suite dans les idées D´autant plus vaine était leur crainte Que le gorille est un luron Supérieur à l´homme dans l´étreinte Bien des femmes vous le diront ! Gare au gorille !

Dès lors toutes se précipitent Hors d´atteinte du singe en rut Sauf une vielle décrépite Et un jeune juge en bois brut Voyant que toutes se dérobent Le quadrumane accéléra Son dandinement vers les robes De la vieille et du magistrat ! Gare au gorille !

“Bah ! soupirait la centenaire Qu´on puisse encore me désirer Ce serait extraordinaire Et, pour tout dire, inespéré !” Le juge pensait, impassible “Qu´on me prenne pour une guenon C´est complètement impossible…” La suite lui prouva que non ! Gare au gorille !

Supposez que l´un de vous puisse être Comme le singe, obligé de Violer un juge ou une ancêtre Lequel choisirait-il des deux ? Qu´une alternative pareille Un de ces quatre jours, m´échoie C´est, j´en suis convaincu, la vieille Qui sera l´objet de mon choix ! Gare au gorille !

Mais, par malheur, si le gorille Aux jeux de l´amour vaut son prix On sait qu´en revanche il ne brille Ni par le goût, ni par l´esprit. Lors, au lieu d´opter pour la vieille Comme l´aurait fait n´importe qui Il saisit le juge à l´oreille Et l´entraîna dans un maquis ! Gare au gorille !

La suite serait délectable Malheureusement, je ne peux Pas la dire, et c´est regrettable Ça nous aurait fait rire un peu. Car le juge, au moment suprême Criait : “Maman !”, pleurait beaucoup Comme l´homme auquel, le jour même Il avait fait trancher le cou Gare au gorille !

Georges Brassens, 1952 © Éditions Musicales 57

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Original album (33 rpm, 25 cm)

 Georges Brassens, 1ere série
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SIDE 1
La Mauvaise Réputation
Le Parapluie
Le Petit Cheval
Le Fossoyeur

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SIDE 2
Le Gorille
Corne D’Aurochs
La Chasse Aux Papillons
Hécatombe

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