Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

Casanova

Casanova

Hail to the one who swerved rather than run over The lost bunny in search of a field of clover Hail to Casanova who greeted with a smile The girl that everyone avoided by a mile. Pretty or not here I come, I will have her.

Hail to the rent-a-cop who became crossing guard To lead across the street the blind dog of the bard Hail to Casanova who took out on a date The girl who’d given up on a romantic fate Pretty or not here I come, I will have her.

Hail to the first one who retreated in silence When the crowd broke into some patriotic rants Hail to Casanova who whispered in the ear Of the girl who never did a sweet nothing hear Pretty or not here I come, I will have her.

Hail to the man of cloth who threw away his frock Rather than fall in step with his bloodthirsty flock Hail to Casanova who lifted up the skirt Of the girl that no one thought worthy of a flirt Pretty or not here I come, I will have her.

Hail to the guerilla who threw away his gun Rather than aim it at the American nun Hail to Casanova who planted a French kiss On the girl who’d have killed for a moment of bliss Pretty or not here I come, I will have her.

Hail to the mama-san who thawed out in her hand The frozen testicles of a sex-starved husband Hail to Casanova who fired up the loin Of the girl whose letters nobody would purloin Pretty or not here I come, I will have her.

Hail to whoever lacks some lofty ambition And plays missionary solely for coition Hail to Casanova who played the love surgeon For the one who’d have died without him a virgin Pretty or not here I come, I will have her.

© Didier Delahaye, 2004

Don Juan

Gloire à qui freine à mort, de peur d’écrabouiller Le hérisson perdu, le crapaud fourvoyé ! Et gloire à don Juan, d’avoir un jour souri A celle à qui les autres n’attachaient aucun prix ! Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire au flic qui barrait le passage aux autos Pour laisser traverser les chats de Lautaud ! Et gloire à don Juan d’avoir pris rendez-vous, Avec la délaissée que l’amour désavoue ! Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire au premier venu qui passe et qui se tait Quand la canaille crie ” haro sur le baudet ” ! Et gloire à don Juan pour ses galants discours A celle à qui les autres faisaient jamais la cour ! Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Et gloire à ce cure sauvant son ennemi Lors du massacre de la Saint-Barthlemy ! Et gloire à don Juan qui couvrit de baisers La fille que les autres refusaient d’embrasser ! Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Et gloire à ce soldat qui jeta son fusil Plutôt que d’achever l’otage a sa merci ! Et gloire à don Juan d’avoir ose trousser Celle dont le jupon restait toujours baisse ! Cette fille est trop vilaine, il me la faut

Gloire à la bonne soeur qui, par temps pas très chaud Dégela dans sa main le pénis du manchot Et gloire à don Juan qui fit reluire un soir Ce cul déshérite ne sachant que s’asseoir Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro-saint Se borne a ne pas trop emmerder ses voisins! Et gloire à don Juan qui rendit femme celle Qui, sans lui, quelle horreur! serait morte pucelle! Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Georges Brassens, 1976 © Éditions Musicales 57

Original album (30cm LP)

[column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″] Georges Brassens, n°14
[/column] [column size=”1-3″ last=”0″ style=”0″]

SIDE 1
Trompe la mort
Les ricochets
Tempête dans un bénitier
Le boulevard du temps qui passe
Le modeste
Don Juan
Les casseuses
[/column] [column size=”1-3″ last=”1″ style=”0″]

SIDE 2
Cupidon s’en fout
Montélimar
Histoire de faussaire
La messe au pendu
Lèche-cocu
Les patriotes
Mélanie
[/column]