Didier Delahaye presents the works of Georges Brassens

Œdipus’ grandson

ŒŒdipus’ grandson

My dad gives me a ten to buy some mortadella I pocket the money and run to the bordella Pipes in my grandmother who’s a keen onlooker: Why in such a hurry? “Gotta find a hooker!”

It is quite improper to see a working girl Why not just give me half and we’ll give it a whirl Even though I might seem to hang on by a thread I can show young ponies a trick or two in bed.

First, you can spare yourself a righteous homily Plus, hard-to-come-by cash stays in the family I ponder this a bit and give her a fiver Turns out to be a deal, she’s quite the sex driver.

Father, when I get back, demands: “Where is the beef?” He craved a meaty snack with his aperitif When he saw the portion that I laid on the table He suddenly became downright irritable.

He was all set to go and kick in the behind That old man Schneider and his sausage swindling kind But he broke into an apoplectic fever When he learned what I’d done with the other fiver.

“You have screwed my mother, you little horny swine!” Well, that makes two of us, you have been screwing mine Before such argument he stopped dead in his tracks French people can’t resist Cartesian comebacks.

And ever since that day, in the biblical sense I have known grand-mother, and saved up all my cents When inflation hits harder than a ton of brick’ Grandma honours her price: always five bucks a trick.

But if my father feels like having baloney He picks it up himself, and there’s no felony As a result I’m broke, lest I become a thief Grandma has granted me economic relief.

The moral of this song, the truth of it be tol’ I lay grandma for free and may God bless her soul The moral of this song, the truth of it be tol’ I lay grandma for free and may God bless her soul!

© Didier Delahaye, 2005

Le petit-fils d’ŒŒdipe

Papa m’envoie quérir cent sous de mortadelle Empochant la monnaie, moi je file au bordel Où vas-tu mon garçon de cette’ allur’ fougueuse ? Me lance grand’ maman. “Je vais courir la gueuse.”

Il est inconvenant de fréquenter les putes Tu m’en donn’s la moitié, juste et tu me culbutes Quoique j’atteigne, hélas, un âge canonique A bien des jeun’s au pieu je fais encor’ la nique.

D’abord ça te permet quelques économies Et puis le patrimoine sort pas de la famille. J’ tends mes deux francs cinquante à cette bonne vieille Ce fut un’ bonn’ affaire : ell’ baisait à merveille.

Le père, à mon retour, me demande : “Où est-elle ?” Le bâfreur attendait son bout de mortadelle En voyant la portion que je mis sur la table L’auteur d’ mes jours poussa des cris épouvantables.

Il parlait de botter dans la région fessière Cell´ qui n´en pouvait mais, la gente saucissière Mais ouvrit un museau de carpe suffocante Quand il connut l’emploi des aut’s deux francs cinquante.

T’as baisé ma maman, petit énergumène ! T’avais qu’à commencer par pas baiser la mienne ! Mon argumentation vous lui coupa la chique Les Français ne résistent pas à la logique.

Depuis, bibliquement, jusqu’à c’ qu’ell’ rende l’âme Je connais grand’ maman et baste à qui me blâme Quand la hausse des cours devient extravagante Mémé bloque son prix : toujours deux francs cinquante.

Mais si mon père est pris d’un’ fringale de saucisse Il va l’acheter lui-même, excellent exercice ! Du coup j’ai plus d’argent ; de peur que je n’en vole Grand’mèr’ m’accorde alors ses faveurs bénévoles.

Pour qu’ la moral’ soit sauve et qu’ la chanson finisse Je bais’ grand’mère à l’œil, le bon Dieu la bénisse ! Pour qu’ la moral’ soit sauve et qu’ la chanson finisse Je bais’ grand’mère à l’œil, le bon Dieu la bénisse !

Georges Brassens, inédit inspiré par “Papa m’a donné cent sous”